Photographe: Benjamin Auger Modèle: Louis de Funès Date: 1980 Lieu:Paris Photoshoot:le 5 mars 1980 est un grand jour pour De Funès: "L’Avare", le film qu’il rêvait depuis longtemps de tirer lui-même de la pièce de Molière, sort sur les écrans. Dans le costume de son rôle, il pose parmi les photos des longs-métrages qui ont fait sa gloire : La Traversée de Paris, La Folie des grandeurs, Fantômas, Le Gendarme de Saint-Tropez, Rabbi Jacob, La Grande Vadrouille…
Marque: Chanel, parfum "Coco" L'Esprit de Chanel Modèle: Vanessa Paradis Photographe / Réalisateur: Jean-Paul Goude
Année: 1991
Année: 1993
Spot publicitaire: 1991
En 1990, c'est Vanessa Paradis, âgée de 18 ans, qui est choisie pour être l'égérie du parfum Coco (créé par le parfumeur Jacques Polge en 1984, en hommage à Coco Chanel, décédée en 1971). La maison Chanel est alors tenu par Karl Lagerfeld. Pour le lancement de la campagne publicitaires qui sera constitué de deux afiches (une en 1991 et une autre 2 ans plus tard), c'est l'artiste Jean-Paul Goude qui est choisi pour la mettre en image (la réalisation de la publicité vidéo, et les photographies déstinées à la presse écrite). La publicité qui sera abondemment diffusé sur les écrans TV, se révèlera être un véritable petit bijou de court-métrage à l'ésthétisme soigné, tout en respectant l'image de Coco Chanel en lui rendant ainsi un vibrant hommage.
Jean-Paul Goude fait réaliser par le décorateur Yves Bernard une cage de 15 mètres de haut et dont le diamètre équivaut à celui de la piste du Cirque d'Hiver, ainsi qu'une maquette de la place Vendôme réduite à 3 mètres. Vanessa Paradis suit pendant 3 semaines des cours de trapèze à l'école du cirque d'Annie Fratellini. Elle ne veut pas se faire doubler alors qu'elle doit se balancer à 15 mètres du sol.
Le tournage reste secret et l'opération a pour nom de code "Zoé". Il débute le 15 décembre 1990 et dure 6 jours en mobilisant 80 techniciens, dans un vaste hangar militaire et glacial (le hangar Guynemer, base militaire de la région parisienne, construit par Eiffel), à Villacoublay, près de Paris. Il fallait bien cela pour construire la cage de 15 mètres de haut. "J'ai cru que ce serait l'enfer. J'ai dû me lever tôt pendant huit jours, ce que je déteste. Bien souvent, je n'entrais en piste qu'à la fin de l'après-midi. Ces longues heures d'attente auraient pu être horripilantes. Or, le temps passait comme dans un rêve, à tout observer, à m'intégrer de l'esprit de Coco Chanel qui représente pour moi un mythe aussi fort que celui de Marilyn Monroe ou James Dean" raconte alors Vanessa Paradis. Pour filmer au plus près ses acrobaties, on a adapté à son trapèze un Meccano digne de Léonard de Vinci. Sa balancelle emporte en plein vol: caméra, opérateur et directeur de la photographie, qui suivent ainsi chaque mouvement de l'oiseau Vanessa. Il a fallu des mois d'études pour créer un visuel et tromper l'oeil: miniaturiser la femme oiseau (Vanessa), grossir le chat.
Le Speech est un conte moderne: l'histoire d'un petit oiseau et d'un gros chat (hommage aux animaux de compagnie de Coco Chanel, en s'inspirant du dessin-animé Titi et Grosminet), un soir d'orage, dans une suite du Ritz, celle où vivait Coco Chanel que l'on aperçoit à la fin du film. L'oiseau Vanessa, en collant de danseuse, siffle gaiement l'air de "Stormy Weather" en se balançant dans sa cage dorée. Allongé sur la table, le chat persan la regarde avec convoitise. Le frêle oiseau a les traits, l'ovale lumineux, les yeux verts et la fraîcheur de Vanessa. Dehors, l'orage gronde et la fenêtre laissée ouverte vers laquelle s'appuie l'apparition divine de Coco Chanel laisse entrevoir une vue de la place Vendôme. Les français découvrent la publicité sur leur écran le 14 octobre 1991 et une soixantaine de fois jusqu'à la fin novembre. Ce sont ensuite les américains, puis le monde entier.
Jean-Paul Goude et Vanessa Paradis
Propos de Vanessa Paradis: "Le film Coco de Chanel par Jean-Paul Goude. Un moment clé dans ma carriere. J’ai fait ça juste avant d’aller enregistrer mon album à New York avec Lenny. J’avais 18 ans, je rêvais de musique et de cinéma et la mode ne m’attirait pas vraiment. Je me souviens avoir hésité. Heureusement que mon agent Marceline et mes parents m’ont décidée. J’ai pris une semaine intensive de cours de trapèze, puis on a enchaîné une semaine de tournage dans le hangar d’un camp militaire à Villacoublay où ils avaient construit cette cage hallucinante de dix mètres de haut. Je me suis éclatée. Il faut dire que j’étais complètement sous le charme de Jean-Paul Goude, que je trouvais irrésistiblement beau et artistiquement génial. Le synopsis, l’idée de départ à savoir la petite cage qui trônait dans l’appartement de Mademoiselle Chanel, l’inspiration de Titi, les sifflements, la musique de Stormy Weather … Il a réalisé un petit chef-d’oeuvre. Un grand spectacle.”
Photographe: Man Ray Modèle: Kiki de Montparnasse Date: 1924 Lieu:Paris
Story: Dès son arrivée à Paris en 1921, Man Ray fait connaissance avec les chantres du Surréalisme et rencontre Kiki de Montparnasse. Cette artiste de cabaret, peintre et actrice de cinéma est aussi le modèle, la muse et l’amante d’artistes célèbres. Elle devient la compagne de Man Ray et son modèle préféré pendant plus de cinq ans. Pourtant, dans un premier temps, Kiki est réticente à poser pour Man Ray. En effet, s’il n’y a rien d’impudique à poser pour un peintre ou un sculpteur, la photographie est alors un support réservé à la pornographie.
Kiki de Montparnasse pose nue, assise, de dos. Elle est coiffée d’un turban. Cette photographie peut être interprétée comme un hommage au tableau d’Ingres intitulé « Le Bain Turc » en 1862 (voir ci-contre). La figure sensuelle de Kiki n’est pas sans rappeler l’odalisque musicienne, vue de dos, au premier plan du tableau d’Ingres. Pour une ultime mise en abîme du chef d’œuvre de 1862, Man Ray retouche sa photographie. C’est à la mine de plomb et à l’encre de Chine qu’il dessine les ouïes d’un violon sur les reins de son modèle. Ce rapprochement entre le corps de la femme et un instrument de musique illustre le thème de l’insolite, cher aux Surréalistes.
Photographe: Franck Worth Modèle: Elizabeth Taylor Date: 1956 Lieu:en Virginie, USA
Story: Voici une série de clichés très étonnants de Liz Taylor, sur le plateau de tournage du film Géant (Giant), tourné en Virginie pour les scènes extérieures. Ces photographies sont tout simplement surprenantes par leur modernité: prises en 1956, on pourrait penser qu'elles datent d'hier, de par leur côté tellement intemporel et glamour. Il semblerait d'ailleurs que la marque Guess (jeans et parfums) s'en soit fortement inspirée pour ses campagnes de pubs représentant souvent de jeunes femmes, très féminines dans leur maquillage et coiffure, posant en jean et soutien gorge ! Mais revenons à Liz qui prend ici des poses assez mutines et candides, où s'y dégage une telle fraîcheur, spontanéité et décontraction naturelle dans les poses qu'elle prend. On a l'impression d'assister à une sorte de moment privilégié entre le photographe et son modèle. D'ailleurs, parlons un peu du photographe, Frank Worth. Très ami avec bon nombre de célébrités, il parvenait toujours à se faire inviter aux soirées hollywoodiennes ou sur les plateaux de tournage, comme ici: c'est James Dean, avec qui il partageait la même passion pour les bolides, qui l'invita à venir prendre des photos sur le tournage du film.