Septembre 1967 Jim Morrison par Joel Brodsky
Une photo, Une histoire
Photographe: Joel Brodsky
Modèle: Jim Morrison - groupe The Doors
Date: 18 septembre 1967
Lieu: New York, au studio de Brodsky
Séance: Young Lion Shoot
C'est dans son studio de New York que le photographe Joel Brodsky créa l'un des portraits photographiques, le plus célèbre, de Jim Morrison. Durant leur séjour new-yorkais, où le groupe The Doors donna des concerts, ils se produisent à l'émission Ed Sullivan Show le 17 septembre 1967 où ils interprètent "Light My Fire". La prestation ne passe pas inaperçu: Ed Sullivan a demandé que le groupe supprime le mot "higher", qui fait référence au plaisir de la drogue dans le texte ("planer"). Les Doors acceptent, mais au moment du couplet, Jim chante évidemment la chanson telle qu'elle. Il fallait s'y attendre quand on connaît le caractère rebelle de Jim et son refus de l'autorité. Le groupe va ensuite participer à trois séances photos, qui seront déterminantes pour l'image de Jim, le leader du groupe. Il pose d'abord pour Gloria Stavers pour le magazine 16. C'est le jour suivant, soit le 18 septembre, que le groupe se rend au studio photos de Joel Brodsky. Plus tard, le groupe fera encore une session, pour le magazine Vogue, et Jim ira chez la photographe Gloria pour poser à nouveau pour une autre séance photos.
Pour ce shooting, il était initialement prévu une séance de poses en groupe (avec les quatre membres des Doors). Après avoir photographié le groupe ensemble puis chaque membre individuellement, en commençant par les trois musiciens - Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore - pendant ce temps, Jim attend dans un coin, ne cessant de boire.
> Ray Manzarek et Jim Morrison
Une fois photographiés, les autres membres du groupe partent et laissent le photographe seul avec Jim, complètement bourré, mais conscient de ses actes. On connait la suite, en observant les photos: Jim pose torse nu, avec un petit collier, vêtu d'un pantalon cuir moulant, et prend des poses sexy et viriles. Cette séance porte d'ailleurs le nom de "Young Lion Shoot" tant Morrison adopte des postures animales et sauvages, affirmant son pouvoir artistique et son charisme physique. Le cliché le plus connu et le plus publié, montre Jim Morrison les bras écartés, mimant ainsi une posture christique. Ces photos feront le tour du monde, et seront utilisées dans neuf couvertures d'albums du groupe (comme les Best-Of).
Joel Brodsky se souvient dans une interview de ce shooting photos:
"The Doors were among the brighter groups I'd shot at that point. They had a visual orientation and seemed to understand the potential of a good photo session. Initially, there seemed to be a little jealously that Morrison was being put so up front in the photos, but basically the others understood that Jim was the sex symbol and an important visual focus for the band. After we'd done group shots, I shot some individual pictures of each member, saving Morrison for last. I knew I was going to be spending the most time with him, so I didn't want them to have to sit around and wait too long. Well, while this was going on, Jim was drinking quite a bit. So by the time I got to shooting the individual shots of him, Morrison was pretty loose. The 'American Poet' shot was pretty near the end, I think. He wasn't a wild drunk - actually he was kind of quiet - but his equilibrium wasn't too terrific. Still, he was great to photograph because he had a very interesting look. It seemed like a good session to me, and then a week later, we ran one of the photos in The Village Voice. The story I've heard is that they got something like ten thousand requests for the picture. You know, Morrison never really looked that way again, and those pictures have become a big part of The Doors' legend. I think I got him at his peak."
> Jim Morrison - the "young lion shoot"
Le groupe avait déjà deux albums à son actif, au moment de cette séance:
> Leur premier album éponyme, The Doors, est sorti en janvier 1967, et rencontra un succès immédiat (l'album contient le fameux "Light my fire", mais aussi "Break on through", "The Crystal Ship", "Alabama Song", "The End"... autant de titres incontournables de la carrière des Doors). Sur la pochette, figure une photographie du groupe, photographié déjà sous l'objectif de Joel Brodsky en 1966.
> Leur deuxième album, Strange Days, est sorti quelques jours après cette séance photo, le 25 septembre 1967. Cet album comporte les tubes "Love me too times" et "People are strange").
Dans son film biopic 'The Doors' en 1990, le réalisateur Oliver Stone montre cette séance photo (où Jim est interprété par Val Kilmer), mais change bizzarement l'apparence du photographe Joel Brodsky en le faisant interpréter par une femme, jouée par Mimi Rogers.
> sur le web:
L'année 1967 sur le site doorshistory
Joel Brodsky (bio et extrait interview) sur snapgalleries.com
Interview Joel Brodsky sur archives.waiting-forthe-sun.net
1967 Faye Dunaway par Jerry Schatzberg
Une photo, Une histoire
Photographe: Jerry Schatzberg
Modèle: Faye Dunaway
Date: 1967
Lieu: New York
Jerry Schatzberg ouvre en 1956 son propre studio comme photographe indépendant et se fait engager dès 1958 par les plus grands magazines de mode: Vogue, Esquire, Life, Glamour, McCall’s… Son style photographique se rapproche de ceux d’André Kertesz et d’Henri Cartier-Bresson par sa recherche du naturel, ce qui est alors totalement inédit dans l’esthétique de la photographie de mode, présentée jusqu'alors comme un état statique, où les modèles prennent la pose, enfermées dans un studio. Pendant dix ans, Jerry Schatzberg est un photographe très demandé et se lie d’amitié avec les mannequins célèbres, comme Ann Saint Marie, qui vit une dépression car se fait jetée au profit de mannequins plus jeunes qu'elle, alors qu'elle n'a pas trente ans. Le photographe désire raconter cette histoire qui le touche, du destin que rencontre de nombreux mannequins. Nous sommes en 1969, et il choisit l'actrice Faye Dunaway, 29 ans, pour incarner à l'écran cette mannequin déchue. Faye est alors une actrice qui monte, qui a connu un succès fulgurant en à peine un an. Il la connait très bien, puisqu'ils ont vécu une liaison qui a duré deux ans et venait de se terminer. Le film s'appellera Puzzle of a Downfall Child (Portrait d’une enfant déchue) et sortira sur les écrans en 1970.
Mais revenons à cette séance photo de 1967: le photographe sublime totalement son modèle, photographiée dans un studio au fond noir, et n'étant vêtue que d'habits noirs. Seule la lumière éclaire son visage. Le style est très épuré et minimaliste. Faye Dunaway accède cette année là à la célébrité grâce à son rôle de Bonnie dans Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967) et elle tourne The Thomas Crown Affair (L’Affaire Thomas Crown, Norman Jewison, 1968). La photographie en noir et blanc sera choisie pour être l'image officielle du Festival de Cannes 2011.
> source web:
site officiel culturopoing.com
Marvin Gaye et Tammi Terrell: Ain't no Mountain High Enough
J'ai cette chanson qui me trotte dans la tête depuis des jours ! Je ne sais même plus où je l'ai entendue dernièrement (ptre dans une pub!) mais je ne savais ni le titre, ni le nom de l'interprète. A force de l'avoir en boucle dans mon cerveau, je suis parvenue à identifier tout de même quelques mots. Après avoir fait une recherche rapide sur le web, que je pensais infructueuse (je n'arrivais à me souvenir que des mots "ain't no..." lol) j'ai quand même réussi à identifier -et rapidement, vive google- cette chanson. Il s'agit de Ain't no Mountain High Enough interprétée en 1967 en duo par (le grand) Marvin Gaye et Tammi Terrell. Ce titre de rnb a été écrit par Ashford et Simpson en 1966 pour le célèbre label de la Motown, et fut repris notamment par Diana Ross en 1970, qui la mena aux Grammy Awards. C'est surtout la première version -celle de Marvin et Tammi- qui me séduit: rythme entraînant de la musique et grande complicité dans le duo des voix; contrairement à celle de Diana Ross, qui livre une version plutôt ennuyeuse à mon goût, malgré la grande voix de Diana. Les deux chanteurs vont connaître un destin tragique: Marvin Gaye est assassiné par son père pasteur de deux coups de revolver, la veille de ses 45 ans, le 1er avril 1984 (et ce n'était malheureusement pas un poisson d'avril!); quand à Tammi Terrell, elle décède à l'âge de 24 ans d'une tumeur au cerveau le 16 mars 1970.
Listen, baby
Ain't no mountain high
Ain't no vally low
Ain't no river wide enough, baby
If you need me, call me
No matter where you are
No matter how far
Just call my name
I'll be there in a hurry
You don't have to worry
'Cause baby,
There ain't no mountain high enough
Ain't no valley low enough
Ain't no river wide enough
To keep me from getting to you
Remember the day
I set you free
I told you
You could always count on me
From that day on I made a vow
I'll be there when you want me
Some way,some how
'Cause baby,
There ain't no mountain high enough
Ain't no valley low enough
Ain't no river wide enough
To keep me from getting to you
No wind, no rain
My love is alive
Way down in my heart
Although we are miles apart
If you ever need a helping hand
I'll be there on the double
As fast as I can
Don't you know that
There ain't no mountain high enough
Ain't no valley low enough
Ain't no river wide enough
To keep me from getting to you
Don't you know that
There ain't no mountain high enough
Ain't no valley low enough
Ain't no river wide enough
1967, Janis Joplin par Bob Seidemann
Une photo, Une histoire
Photographe: Bob Seidemann
Modèle: Janis Joplin
Date: 1967
Janis Joplin devait être photographiée en vue d'apparaître en poster. Toute excitée par cette soif de célébrité, Janis pose sous l'objectif du photographe Bob Seidemann. Après avoir pris des photos d'elle habillée ou semie-habillée, où elle portait une longue chemise et des colliers de perles, le photographe, satisfait de ces noir et blanc en 35 mm, commença à remballer son matériel. Lorsque Janis s'exclama: "Oh motherfucker! I want to take my fucking clothes off." ("Et puis merde! Je veux enlever mes put... de vêtements"). Interloqué, le photographe refuse: "Janis, n'enlève pas tes put... de vêtements !". C'était trop tard, car à peine eut-il le temps de finir sa phrase, qu'elle se déshabillait. Le photographe s'exécute et la prend en photos, lui demandant tout de même de cacher son sexe. Plus tard, Janis racontera "I'm the first hippie pinup girl. What a kick !" ("Je suis la première pinup hippie. Quel pied !"). Adorant la série de clichés de Seidemann, Janis va alors tapisser les murs de sa chambre de ses propres photos.
Voici les autres photographies de cette séance:

Images: All rights reserved Bob Seidemann.
A lire, sur le web:
> Le site du photographe Bob Seidemann
> La planche contact sur naderlibrary.com
1967, Alain Delon, Marianne Faithfull & Mick Jagger
Le nationalisme de BB, Pam & Claudia
Brigitte Bardot
en 1967, représente fièrement les couleurs du drapeau français ...
Pamela Anderson
fait la même chose 30 ans plus tard, pour son pays, les USA ...
Claudia Schiffer
aussi a posé avec le drapeau de son pays: l'Allemagne
© All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.




































































