26 mars 2012

Film Funny Games US

funny_games_US_aff_1Funny Games US
titre originale: Funny Games US
pays
: USA
genre: guerre
année: 2007
durée: 1h51
réalisateur: Michael Haneke
scénario: Michael Haneke
distribution:  Naomi Watts (Anna), Tim Roth (George), Devon Gearhart (Georgie), Michael Pitt (Paul), Brady Corbet (Peter), Siobhan Fallon (Betsy), Boyd Gaines (Fred), Robert LuPone (Robert), Linda Moran (Eva).

Le speech: Un couple, leur fils et leur chien partent passer quelques jours dans leur maison de campagne près d'un lac. En passant devant la maison de leurs voisins, ils présentent que quelque chose cloche dans leur attitude et s'étonnent de la présence de deux jeunes gens à leurs côtés. À peine arrivés dans leur grande maison, l'un de ces deux jeunes hommes vient demander un service (il demande 4 oeufs) ; il se comporte avec une grande politesse, mais son attitude suscite un certain malaise : ayant pris en main le portable de la mère, il le laisse tomber, par une feinte maladresse, dans l'évier rempli d'eau. Les deux intrus vont progressivement adopter un comportement de plus en plus violent et prendre la famille en otage. Pour eux, il ne s'agit que d'un jeu...

> bande annonce

Ma note: 10/10
J'aime
: J'en avais entendu parler à sa sortie, et lu de nombreuses critiques très positives. Je ne l'ai finalement vu que dernièrement et... quel film choc ! C'est très angoissant, le spectateur est pris dans un tourbillon de stress et d'angoisse tout au long du film. C'est filmé d'une manière très réaliste, bien qu'aucune scène de meurtres ne soient montrées à la caméra, la violence est plutôt suggérée, ce qui est bien plus éprouvant psychologiquement (le film est interdit aux moins de 16 ans tout de même). Les acteurs sont tous parfaits (Naomi Watts est bouleversante, Tim Roth et Devon Gearhart impressionnants; et les deux tueurs sadiques interprétés par Michael Pitt -déjà habitué aux rôles de mec cinglè comme pour Calculs meurtriers ou de mec perturbé dans Last Days- et Brady Corbet que pour ma part, j'ai découvert dans ce film, sont époustouflants).
Si vous avez aimé Ils (de Moreau et Palud) pour le côté angoissant du huit clos (des inconnus pénétrent dans une maison familial), et Orange Mécanique (avec un clin d'oeil des deux tueurs, tout de blancs vêtus, mais aussi par la violence gratuite, sans foi, ni loi, ni morale), vous apprécierez ce film.
J'ai beaucoup aimé aussi le choix du réalisateur de dire explicitement aux spectateurs qu'il s'agit là d'un film ! Michael Pitt joue le seul personnage qui s'adresse directement à nous: dans une scène, celle où il s'amuse avec Naomi Watts au jeu du "froid et chaud" afin de localiser le chien qu'il a tué, il est filmé de dos au 1er plan et se retourne, sans dire un mot, en regardant la caméra (comme pour jouer aussi avec nos propres nerfs); dans une autre scène, celle où les tueurs expliquent à la famille qu'ils vont mourir dans le salon, il se tourne vers la caméra et nous demande si nous -spectateurs- souhaitons découvrir le dénouement; puis, une scène qui peut paraître déroutante pour certains, celle où il n'est pas heureux de l'action (Naomi Watts s'empare du fusil et tue l'un des tueurs), alors Michael Pitt prend une télécommande et rembobine la scène pour nous offrir une autre fin ! Scène très étonnante, et en même temps, pour nous rappeler qu'il est le maître de l'histoire, et que cette histoire reste un film avec cette sorte de mise en abyme du film dans le film. Comme aussi pour nous interpeller face à l'angoisse grandissante. Enfin, dans la scène qui précède la finale, les deux tueurs sont dans le voilier et tiennent un discours sur la fiction et la réalité: "la fiction est la réalité" déclare Michale Pitt, et son interlocuteur ne comprend pas (ce qui prouve qu'il est pour sa part hors jeu, et c'est bien Michael Pitt qui détient le contrôle de cette fiction).

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A savoir:
funny_games_aff_1> En 1997, Michael Haneke réalisait Funny Games, son quatrième film pour le grand écran après sa trilogie dite de la "glaciation émotionelle". Présenté en compétition cette année-là lors du Festival de Cannes, le film suscita dégoût et admiration, mais ne pouvait laisser insensible. Dix ans plus tard, Michael Haneke réalise au Etats-Unis le remake de son propre film le plus commenté et peut-être le plus dérangeant, car les lois traditionnelles du film sont mises à rude épreuve, de l'avis du réalisateur lui-même:
"Je cherche à montrer la violence telle qu'elle est vraiment : une chose difficile à avaler. Je veux montrer la réalité de la violence, la douleur, les blessures infligées par un être humain à un autre. Sortant d'une récente projection de Funny Games US, un ami critique m'a dit : "Ce film a maintenant trouvé sa vraie place." Il a raison. Lorsque dans les années 1990, j'ai commencé à songer au premier Funny Games, je visais principalement le public américain. Et je réagissais à un certain cinéma américain, à sa violence, à sa naïveté, à la façon dont il joue avec les êtres humains. Dans beaucoup de films américains, la violence est devenue un produit de consommation. Cependant, parce que c'était un film en langue étrangère et que les acteurs étaient inconnus des Américains, le film original n'a pas atteint son public. Lorsqu'en 2005, le producteur britannique Chris Coen m'a suggéré de le refaire en anglais, j'ai accepté... à condition que Naomi Watts en soit la vedette."
Funny Games US est un remake copie conforme au film original, au plan près. La production a d'ailleurs réutilisé les modèles du film de 1997: le décor principal de la maison a par exemple été recréé dans les mêmes proportions que celui de la première version.
> Dans le film original, le père de famille était interprété par Ulrich Mühe, acteur allemand qui deviendra célèbre grâce à son rôle dans La Vie des autres -avant de décéder en 2007. La mère avait les traits de Susanne Lothar, comédienne allemande qui était dans la vie la compagne de Ulrich Mühe. Le personnage de la mère avait été au préalable proposé à Isabelle Huppert, qui l'avait refusé, le jugeant trop éprouvant.

>Sur le web:
le film sur
allocine 
le film sur
imdb

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24 août 2011

Thirteen

Voici une chanson d'Elliott Smith, auteur compositeur et interprète de cette superbe ballade, extraite du double album posthume paru en 2007 et intitulé New Moon, l'album étant une compilation de titres enregistrés entre 1994 et 1997. Elliott Smith n'est malheureusement pas très connu en France, bien que de nombreuses de ses chansons figurent sur des Bandes Originales de films. Je pense notamment à sa formidable reprise du Because des Beatles sur le générique de fin du film American Beauty en 1999, mais je vous en reparlerai dans un autre post. Originaire de l'Oregon, Elliott Smith est considéré aujourd'hui, à titre posthume, comme un véritable génie, doublé de cette image d'artiste un peu torturé. Sa vie fut compliquée et perturbée entre dépressions, drogues et cures de désintox. Il s'est suicidé en se poignardant en 2003, alors qu'il n'avait que 34 ans, mais son suicide, effectué en la présence de sa petite amie, reste controversé et l'enquête n'est toujours pas classée. Il nous reste d'Elliott Smith les compositions de ses très belles chansons, dont ce Thirteen, sorte de nostalgie sur le monde de l'adolescence, ses sorties et ses amours.

> THIRTEEN- Version d'Elliott Smith

En bonus, voici la reprise, sublime, de ce Thirteen par le groupe Garbage. Le titre figurait en face-b de leur single Push It (extrait de leur 2ème album Version 2.0) en 1998. Alors qu'Elliott Smith nous livrait une version plus intime au son épuré, limite acoustique, Garbage y ajoute un son plus rock, mêlé à une expérimentation un peu électro (ils ont beaucoup expérimenté les sons électroniques pour leur 2ème album). La voix de Shirley Manson colle parfaitement à cette chanson!

> THIRTEEN- Reprise de Garbage

 Won't you let me walk you home from school?
Won't you let me meet you at the pool?
Maybe Friday I can
Get tickets for the dance
And I'll take you
Oh, oh, oh

Won't you tell your dad to get off my back?
Tell him what we said about "Paint It Black"
Rock and roll is here to stay
Come inside now, it's ok
And I'll shake you
Oh, oh, oh

Won't you tell me what you're thinking of?
Would you be an outlaw for my love?
If it's so then let me know
If it's no then I can go
And I won't make you
Oh, oh, oh

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16 juillet 2011

B.O. Across The Universe: Strawberry Fields Forever

Voici une des scènes musicales de l'un de mes films préférés, Across the universe, réalisé en 2007 par Julie Taynor, dont l'histoire met en scène 34 chansons des Beatles, réarrangées et interprétées par les acteurs. J'ai ici choisi le passage du film où les acteurs Jim Sturges (alias Jude) et Joe Anderson (alias Max) interprètent Strawberry Fields Forever. Cette scène peut se visionner aisèment sans avoir vu le film, car elle constitue une sorte de vidéo clip, très esthétique et métaphorique avec le symbole de la fraise. Pour situer la scène dans le film: Jude en a assez que sa petite amie Lucy (interprétée par Evan Rachel Wood, qu'on aperçoit en gros plan dans cette scène) passe toute ses journées avec les activistes, dont le chef la manipule. Jude n'a pas de boulot fixe et vit en clandestin à New York. Artiste dans l'âme, il s'efforce ici de trouver un logo pour une compagnie de disque indépendante (et qui sera... la fraise!). Pendant ce temps, Max, le frère de Lucie, a été enrolé dans l'armée pour mener la guerre au Vietnam.

Posté par ginieland à 16:10 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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